Allaiter mon bébé, c’était pas gagné !

Cela fait déjà un petit moment que j’envisage d’écrire un article sur l’allaitement et que je ne prends finalement pas le temps de faire. C’est que j’ai tellement de choses à dire que j’ai peur d’écrire un roman que personne ne lira en entier… Mais s’il y a bien une chose que j’ai envie de dire, c’est que l’allaitement pour moi c’est compliqué et qu’il faut parfois une volonté de fer pour y arriver. On a beau me répéter que c’est naturel et qu’on est « programmé pour », je suis persuadée que c’est un véritable challenge qu’on choisit de relever quand on décide d’allaiter son enfant.
Les difficultés ont commencé dès la maternité, quand j’ai dû utiliser un tire-lait pour faire sortir mon colostrum et ainsi accélérer ma montée de lait qui tardait à venir. Je mettais pourtant régulièrement mon bébé au sein mais il avait du mal à téter et il se fatiguait rapidement. Résultat : il a perdu beaucoup de poids les trois premiers jours et on m’a obligée à lui donner des compléments de lait artificiel (du lait hypoallergénique en petite bouteille). C’est mon mec qui se chargeait de lui donner à l’aide d’une pipette et ensuite je devais mettre mon bébé au sein pour lui apprendre à téter. Mais il s’énervait en deux secondes et c’est finalement à l’aide de bouts de sein en silicone que j’ai pu le nourrir au sein quand ma montée de lait a eu lieu.

Une fois rentrés à la maison, je pensais que ça irait mieux mais c’était sans compter sur la sur-stimulation qui avait été faite à la maternité. Du coup, je me suis retrouvée à devoir « vider » mes seins qui étaient à la limite d’exploser… Le fameux « engorgement » ! Heureusement lors des séances de préparation à l’accouchement, la sage-femme nous avait conseillé de louer un tire-lait dès notre retour à domicile, ce qui m’a permis de me soulager rapidement.Puis sont arrivées les crevasses que j’avais pourtant essayé d’anticiper en massant régulièrement mes tétons avec de la crème Lansinoh pour les mamelons. Heureusement pour moi, les bouts de sein aidant, ça n’a été que de courte durée et la sensibilité s’est amoindrie en quelques jours. Ensuite il m’a fallu du temps pour trouver la bonne position, celle qui me permettait d’allaiter confortablement mon bébé sans devoir me pencher vers l’avant et me ruiner le dos.

Concernant la lingerie maintenant. A la maternité, on m’avait ordonné de porter un soutien-gorge d’allaitement en permanence (jour ET nuit). N’ayant pas une poitrine généreuse à la base, cela a été une véritable torture pour moi que de devoir dormir avec un soutien-gorge (sans armature, heureusement) pendant les premières semaines puis j’ai essayé de l’enlever et je me suis finalement rendu compte que je pouvais largement m’en passer.On m’a aussi expliqué qu’il fallait porter des coussinets d’allaitement en journée pour absorber le surplus de lait et éviter de salir toutes ses fringues en deux temps trois mouvements. Pour éviter de consommer des tas de paquets de coussinets jetables, j’ai opté pour des coussinets lavables mais ces derniers sont bien plus épais et ils sont loin d’être discrets sous la lingerie.

Au bout de deux semaines, les soucis médicaux ont commencé. J’ai développé un champignon autour des mamelons qu’il a fallu traiter à l’aide d’un antifongique local à appliquer après chaque tétée. Le problème, c’est que j’ai fait une réaction allergique à ce produit et que je me suis retrouvée couverte de plaques et de boutons sur tout le corps pendant plusieurs jours. C’était horrible, ça me démangeait énormément et je me grattais au sang, surtout la nuit. Je suis allée chez le médecin en urgence pour avoir un traitement qui puisse me soulager et qui soit compatible avec l’allaitement.
Lors de la visite des trois semaines, la sage-femme a constaté que mon bébé n’avait pas pris beaucoup de poids et que sa courbe commençait à infléchir. Il s’agissait du fameux pic de croissance et je n’arrivais pas à répondre aux besoins de mon bébé. Elle m’a alors conseillé de boire une bonne bière prescrit un traitement homéopathique pour stimuler ma lactation et m’a encouragée à porter des coquilles d’allaitement en journée afin de produire plus de lait. Ces coquilles se glissent dans le soutien-gorge et se remplissent hyper rapidement ; il ne faut donc pas oublier de vider régulièrement pour éviter tout accident notamment lorsqu’on doit se pencher en avant.
Un mois après l’accouchement, et toujours sur les conseils de ma sage-femme, je suis allée consulter un ostéopathe pour mon bébé. Grand bien m’en a pris car cela a permis d’améliorer la déglutition de mon petit garçon et en quelques jours, il a réussi à prendre le sein directement et j’ai pu me débarrasser définitivement des bouts de sein en silicone que j’égarais la plupart du temps et qu’il fallait nettoyer avant chaque tétée (une vraie corvée). Je me suis sentie libérée d’un sacré poids et ça m’a grandement facilité la vie !
Tout doucement, les choses ont commencé à se tasser et l’allaitement s’est mis en place. Et puis il y a trois semaines, alors que mon bébé a commencé à téter, j’ai ressenti une violente douleur dans le sein… une douleur telle que j’ai hurlé et repoussé mon bébé ! J’avais une sensation de boule dure dans le sein et pensais naïvement que mon sein était gorgé de lait et qu’il suffisait de faire boire mon bébé pour que cela disparaisse. En fait, j’avais un canal lactifère bouché ; j’ai dû courir sous la douche pour me masser le sein sous un jet d’eau chaude afin de faire sortir le maximum de lait accumulé puis finir au tire-lait afin de vider complètement le sein… Je pensais que c’était un souci de débutante mais ce phénomène s’est reproduit hier soir et ce n’est que cet après-midi que j’ai réussi à désengorger mon sein à l’aide d’ibuprofène et en faisant téter mon bébé en position de ballon de rugby (sur le côté).
A part ça, l’allaitement se passe plutôt bien : mon bébé n’a plus aucune difficulté pour téter et il prend régulièrement du poids. J’ai eu la chance d’être bien entourée, tant au niveau familial (ma mère et ma sœur sont passées par là avant moi et elles sont souvent de bon conseil) qu’au niveau médical (ma sage-femme ainsi que l’une de mes collègues). A la base, j’ai choisi d’allaiter mon bébé parce que je savais que ce serait la meilleure chose pour lui mais ce que je ne savais pas, c’est que ça me plairait énormément et que ça m’apporterait autant. C’est un véritable moment d’échange et de tendresse quand je l’allaite, j’aime quand il s’agrippe à moi avec ses petites mains et qu’il plonge son regard dans le mien. Je me dis que j’ai vraiment bien fait de m’accrocher pendant les deux mois qui viennent de s’écouler et de poursuivre l’allaitement malgré tous ces petits obstacles sur mon chemin. Alors j’espère pouvoir l’allaiter encore longtemps !
Belle soirée 
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